L’équilibre de vie est une danse subtile entre trop et trop peu. C’est cette tension juste, celle qui nous permet de tenir debout sans effort, comme les pneus d’une voiture qui soutiennent la route sans jamais éclater. Cet équilibre, on le retrouve dans nos journées : quand on alterne action et repos, parole et silence, solitude et lien. Il ne s’agit pas d’un état figé, mais d’un ajustement vivant, une écoute constante de soi dans la relation au monde. Donner sans s’épuiser, recevoir sans s’enfermer. C’est l’art de partager nos couleurs intérieures – nos idées, nos élans, nos créations – tout en s’émerveillant de celles que la vie nous offre en retour : un paysage, une parole reçue, une inspiration soudaine. Un maître disait dans La Vie des Maîtres : « Pour continuer à recevoir des idées enrichissantes, vous avez le devoir de les exprimer. » C’est comme une roue à aube : si elle ne tourne pas, le courant se bloque. L’équilibre naît de ce mouvement, où l’expression de soi devient une ouverture au souffle de la vie.
Pourquoi l’équilibre intérieur est essentiel
Si un oiseau n’a pas un parfait équilibre au sein de ses ailes, il tournera en rond. Il en va de même en ce qui concerne notre monde intérieur. Sommes-nous équilibrés ? Est-ce que nous nous positionnons correctement dans notre vie ? Est-ce que toutes les parties de nous s’expriment à leur juste valeur ? Y a-t-il des parts de nous que nous réprimons ? Et d’autres que nous surexploitons ?
En retrouvant une justesse vis-à-vis de nous-mêmes, le monde se repositionnera pour nous. Certaines situations se transformeront, d’autres s’effaceront et enfin certaines apparaîtront.
Que veut dire : être équilibré ? Cela signifie de trouver ce point précis de justesse entre différents états. Tout comme une toupille qui se tient dans un axe parfait entre toutes les forces qui l’attirent de chaque côté. Elle devient libre et peut se déplacer aisément. Mais une fois qu’elle retombe dans le déséquilibre, sa course s’arrête et il ne lui est plus possible de se mouvoir facilement. À chaque fois qu’elle essayera de reprendre son chemin, elle retombera et tournera en rond.
L’équilibre est cet état magique qui nous propulse avec aisance et fluidité au-delà des simples aspects de la vie.
Être équilibré c’est être juste avec nous-mêmes. C’est nous apporter cette notion de justice, de justesse. D’ailleurs la justice est symbolisée par une balance à plateau indiquant la notion d’équilibre.
Exprimer son âme dans la matière
Mais tout comme la toupille qui a besoin d’être en mouvement pour trouver son équilibre, la justice a besoin de cet état « d’être en action ». L’action équilibrée, l’expression de soi révèle notre être en toute justesse. Un peintre a besoin d’exprimer son talent dans l’action de peindre. C’est le premier équilibre qui se crée. En effet il crée un pont entre son monde intérieur (son imagination, son essence) et le monde extérieur (sur le papier). L’expression de soi dans la matière, le monde intérieur qui se déverse dans le monde extérieur représente une part active dans la création d’une vie équilibrée.
C’est l’expiration de notre souffle de vie au sein du monde extérieur. C’est cette transformation du monde abstrait et incréé en art et en beauté par la vie de tout être. Mais tout être a besoin d’inspirer pour compléter le cycle de la respiration. Il nous faut donc nous laisser « inspirer » par le monde extérieur et impressionner notre conscience par la richesse de notre environnement. Que ce soit au moyen de nos interactions sociales, des paysages qui se dressent devant nos yeux, par la musique que nous écoutons, par toutes les choses que nous recevons.
Apprendre à recevoir : l’autre moitié de l’équilibre
Une vie juste est donc cet équilibre entre cette inspiration et cette expiration qui se fait dans l’action d’être un émetteur et un récepteur du courant de vie sous toutes ses formes. La bible le dit sous ces simples mots : donnez et vous recevrez. Mais ce qu’elle ne dit pas c’est qu’il est important d’accepter de recevoir. Un lac qui donne toute son eau à la rivière voisine se verra vite asséché s’il n’accepte pas la pluie et le courant des rivières en amont. Peignez le monde à la couleur de votre âme, mais laissez l’encre de l’univers remplir votre cœur également…
– Travailler sans s’accorder de temps de repos, jusqu’à l’épuisement.
– Donner sans jamais oser recevoir, jusqu’à s’oublier soi-même.
– Se remplir d’informations sans jamais les exprimer, jusqu’à l’étouffement intérieur.
– Rechercher la perfection sans laisser place à l’erreur, jusqu’à la paralysie.
L’équilibre, ce n’est pas faire moins, c’est faire juste. Juste pour soi, et juste avec le monde.
Et si le véritable pouvoir ne résidait pas dans le contrôle absolu, mais dans notre capacité à lâcher prise au bon moment ? Trop souvent, nous pensons que plus nous en faisons, mieux les choses iront. Mais le lâcher-prise n’est pas un abandon. C’est un acte de confiance, une sagesse profonde qui nous relie à quelque...
Conclusion : se tenir dans l’axe de sa propre justesse
L’équilibre intérieur n’est pas un état figé, mais un mouvement vivant entre l’expression de notre âme et l’accueil de ce que la vie dépose en nous. C’est un dialogue constant entre ce que nous offrons au monde et ce que nous acceptons d’en recevoir. Lorsque ces deux flux s’harmonisent, notre vie s’ouvre, notre créativité s’anime, et notre cœur retrouve son axe. Peindre le monde à la couleur de notre être, oui… mais en laissant aussi l’univers remplir notre cœur de nuances inattendues. C’est dans cet équilibre subtil que naît la vraie liberté.
L'équilibre c'est aussi cet apprentissage d'oser s'exprimer sans se plaindre. C'est trouver sa juste voix, son axe intérieur afin de faire circuler notre juste parole.
Mon histoire de perte de vision
J’avais tout juste 18 ans, et je suis devenu malvoyant. Toute une partie de ma vie, après cette perte fut de recevoir du monde. J’ai lu, j’ai médité, j’ai appris, je me suis formé. Cela me faisait du bien, cela m’ouvrait. Mais à un moment, j’avais l’impression de suffiquer, mes poumons étaient pleins. Non seulement, je n’arrivais plus à recevoir, masi je ne voulais plus recevoir. C’était trop. J’avais l’impression de vouloir expirer tout cela dans le monde. Mais je n’osais pas… « qui étais-je pour expirer? »
Une note personnelle pour conclure :
J’avais tout juste 18 ans, et je suis devenu malvoyant. Toute une partie de ma vie, après cette perte, fut de recevoir du monde. J’ai lu, j’ai médité, j’ai appris, je me suis formé. Cela me faisait du bien, cela m’ouvrait. Mais à un moment, j’avais l’impression de suffoquer, mes poumons étaient pleins. Non seulement je n’arrivais plus à recevoir, mais je ne voulais plus recevoir. C’était trop. J’avais besoin d’expirer tout cela dans le monde. Mais je n’osais pas… Qui étais-je pour expirer ?
C’est en osant « expirer » que j’ai trouvé mon équilibre. J’en parle dans mon podcast : Une nuit pour perdre la vue .
Une nuit pour perdre la vue : de l’effondrement à la joie
Disponible sur toutes les plateformes : Écoutez le podcast sur Spotify ou Apple Podcasts, ou découvrez-en plus sur notre site.
Jonathan Avalosse
Explorateur de la conscience et de l’être, Jonathan Avalosse accompagne celles et ceux en quête de sens, d’alignement et de transformation intérieure. À travers l’écriture et la thérapie intuitive, il crée un espace où les mots résonnent, libèrent et ouvrent à de nouvelles perspectives.










